Village et patrimoine

Présentation générale et situation géographique

La commune de Fougaron est située en Haute-Garonne, dans le canton de Bagnères-de-Luchon et de la haute vallée de l’Arbas. Elle est rattachée à la communauté de communes « Cagire-Garonne-Salat ». Le territoire de la commune couvre 914ha, entre 473 et 1416m d’altitude, dans une situation de front montagnard, qui se traduit par un climat humide très favorable à la forêt sur l’ensemble du massif.

Le village est seulement accessible par la route qui vient du village d’Arbas. Il se compose de plusieurs hameaux dispersés (Teste ; Rué ; Escarboues; Eras Pichounes ; Hérégadé) souvent localisés au milieu d’anciennes soulanes (parcelles exposées au sud et souvent aménagées autrefois pour faire pousser et sécher diverses cultures).

La commune se situe par la route à 97 kilomètres de Toulouse et à 31 kilomètres de Saint-Gaudens. Elle est entourée par les communes de Montastruc-de-Salies ; Urau ; Buzan et Saint-Jean-du-Castillonnais (Ariège) ; Herran et Arbas.

Le bassin de vie est tourné vers Aspet, Salies-du-Salat et Mane ; le bassin d’emploi vers Saint-Gaudens, Mane, Salies-du-Salat et Toulouse.

Origine du nom : « Houguèro », fougère en gascon ou localement foyer, brasier, en référence à la fabrication de charbon de bois, spécialité de Fougaron jusqu’au début du XXe siècle. Au XVIe siècle, le nom s’écrivait encore « Hougaron ».

Habitants : les Fougaronnais / les Fougaronnaises.

Eléments d’histoire et évolution de la population

Jusqu’à la Révolution, le village est un hameau d’Arbas. Fougaron et Herran se séparent d’Arbas en 1772 et Herran se sépare de Fougaron en 1871. Au XVIIIe siècle, les Panetier de Montgrenier sont seigneurs barons de Montastruc, Arbas, Chein, Fougaron, Rouède et Saint-Martin, en paréage avec le Roi. Grâce à l’abondance des forêts, les habitants se spécialisent dans la production de charbon de bois, exporté jusqu’à Toulouse. L’un des hameaux s’appelle d’ailleurs Escarboues (« Eths Carbouès » les charbonniers). L’industrie charbonnière cesse après la Seconde Guerre Mondiale, mais les secrets de fabrication perdurent.

La commune, dont la population a culminé à plus de 1000 habitants au milieu du XIXème siècle, a connu une chute démographique profonde à la fin de ce siècle et au cours du XXème. En effet, à partir de 1850, le manque de production oblige une partie des habitants à colporter et finalement, à quitter la commune. En 1912, on comptait à Fougaron : 2 aubergistes, 1 bureau de tabac, 1 café, 2 charpentiers, 1 coiffeur, 1 couturière, 3 épiciers, 1 ferblantier, 1 forgeron, 1 fruitier, 1 maçon, 1 serrurier et 2 scieries. Le village tombera finalement à une soixantaine d’habitants en 1990. La population s’est ensuite légèrement accrue, avec actuellement près de 100 habitants à l’année (population municipale légale en 2018 : 96 habitants), plus de nombreux occupants d’une cinquantaine de résidences secondaires.

Démographie et évolution générale de la population

    • 1793 :   614 habitants
    • 1851:    1090 h
    • 1866:    555 h
    • 1881:    465 h
    • 1911:    409 h
    • 1936:    196 h
    • 1968:    93 h
    • 1982:   85 h
    • 1999:    73 h
    • 2013:    103 h
    • 2018:    96 h

Situation paysagère

Les cultures (céréales, pomme de terre, etc.) et prairies couvraient près de 550ha au maximum démographique du XIXe siècle ; puis la dépopulation et l’abandon des terres ont entraîné progressivement l’embroussaillement et le reboisement spontané des terroirs, qui ne couvrent plus qu’une centaine d’hectares aujourd’hui.

Le paysage rural a pris la forme d’une clairière forestière, utilisée majoritairement par des éleveurs pour le pacage de chevaux et de bovins. Plusieurs initiatives ont été lancées ces dernières années pour ralentir et si possible inverser le phénomène en ramenant entre autres plus d’éleveurs sur le territoire de la commune.

La forêt recouvrant la majeure partie de la commune est essentiellement privée (553,18 ha) mais également communale (75 ha). Sa gestion est gérée par l’ONF. On y retrouve principalement les essences suivantes : Hêtre, Frêne, Chêne, Châtaignier, Feuillus divers (Merisier – Alisier), Résineux divers (Pin – Épicéa – Douglas).

De nombreux ruisseaux, au débit très stable même durant les périodes de sécheresse, traversent la commune (ruisseau de la Bouche ; ruisseau du Plan ; Le Caillaou ; la Goutte ; ruisseau de Caoulet ; ruisseau de la Cabanasse ; Eras Hounts Caoudos).

Paysages remarquables :

Montaragnoué (vue sur Herran, Fougaron, Arbas, Chein-Dessus) et nombreux points de vue magnifiques.

 Patrimoine bâti

Eglise Saint-Bertrand, XVIIIe siècle, avec un portail en marbre bâti en 1719. Dans l’église, plusieurs tableaux religieux de Roger de Suère de Larroque Cazaux, descendant direct des verriers ayant financé la construction de l’édifice.

Pont, vers le XVIIIe siècle, Chemin de le Marette. Possède une arche unique originale. Le niveau de la voûte est haussé au maximum pour permettre de franchir un torrent profond.

Lavoir, XIXe siècle, quartier de Cazevielle (plus en fonctionnement à ce jour).

Ancien moulin à eau, quartier Eths Carbouès. Subsistent le bâtiment principal, le canal d’amenée d’eau et la roue à aubes. Celle-ci correspond au modèle horizontal, le plus facile à mettre en œuvre. Elle tourne autour d’un arbre qui transmet directement le mouvement aux meules situées à l’étage au-dessus. Elle utilise le soir l’eau du ruisseau qui alimente dans la journée une première scierie située en amont ainsi qu’une seconde en aval. L’activité du moulin cesse dans les années 1950, tandis que le traitement du bois se prolonge pendant quelque temps.

Pont d’Eths Carbouès, 1860. Il se trouve au confluent de deux ruisseaux et possède deux arches.

Projet agroécologique :

Fin 2013, la commune a décidé de rouvrir un ensemble de parcelles d’une surface d’environ 5 ha, situé en bordure d’une zone en voie d’urbanisation. Ces terrains, plus ou moins abandonnés depuis plusieurs années, s’étaient fortement embroussaillés. Un accord a été conclu avec les propriétaires pour les mettre à disposition de la commune. Une trentaine de bénévoles et d’agents de la Communauté de Communes des 3 vallées – CC3V (maintenant remplacée par la Communauté de Communes Cagire Garonne Salat – 3CGS) a retiré les anciennes clôtures et les a remplacées par une nouvelle de type « high-tensile » électrifiée.

Quatre vaches de race écossaise « Highland-Cattle » (choisie pour ses qualités de rusticité et de placidité) ont été acquises par la commune en mars 2014. Ces vaches, même en présence d’herbe de qualité, complètent leur alimentation par de la matière ligneuse, des feuilles et des pousses de ronces, de la balsamine de l’Himalaya, de la renouée du Japon, de la prêle, de la grande bardane, des feuilles d’épines noires, …. ce qui en fait d’excellentes débroussailleuses. Les premiers résultats sont encourageants et confirment leur réputation : on constate une amélioration du pâturage et un recul des broussailles.

Après six naissances, le troupeau est maintenant composé de dix animaux (neuf vaches, un bœuf) qui améliorent encore ces résultats en permettant d’entretenir une dizaine d’hectares et de lutter plus efficacement contre la fermeture des espaces. Cette expérience a constitué par ailleurs un prélude au projet de création d’une Association Foncière Pastorale.